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Interview de Chantal Baudoin

Bonjour Chantal, merci d’avoir répondu à notre invitation !

C’est toi que je remercie de m’avoir invitée.

Tu nous parles de toi, ton parcours ?

Je suis née à Lyon il y a 42 ans et vis depuis 2001 en Savoie, à Chambéry. Ingénieur de formation dans le domaine de l’énergie, j’ai d’abord travaillé en industrie, en bureau d’études puis en collectivité. Comme j’ai eu rapidement pas mal de responsabilités et de projets à gérer en tant cadre, je me suis intéressée au développement personnel, aux méthodes de gestion des émotions et du stress, de gestion du temps et de l’organisation. J’ai beaucoup lu, appris, suivi des stages et des formations. Encore aujourd’hui, j’adore apprendre, me former et acquérir de nouvelles connaissances dans ces domaines.

En voyant beaucoup de mes collègues et proches déprimés, en souffrance psychologique, en arrêt maladie ou en burn-out, constatant que j’avais su mener ma barque sans encombre malgré les contraintes du quotidien, me rendant compte peu à peu que je pouvais apporter un réel soutien, une écoute attentive et des pistes de réflexion, je me suis dit que je pouvais peut-être aider les autres à se sentir mieux, comme je m’étais inconsciemment aidée pendant toutes ces années en me formant et en prenant du recul. 

J’ai donc décidé de devenir Coach de vie et d’accompagner les femmes cadres débordées pour les aider à retrouver un équilibre entre leurs vies personnelle et professionnelle grâce à des outils de gestion du stress et du temps. 

Je me suis longtemps cherchée et là j’ai enfin trouvé ma mission de vie ! 

Parle-nous de tes plus belles fiertés dans le cadre de ta mission/ ton métier ?

En réalité, c’est tous les jours que je suis fière d’aider les personnes en difficultés, car même si je ne suis pas la plus grande experte, je le fais à ma petite échelle et avoir simplement des remerciements me remplit de joie et de gratitude. Cela me conforte également dans l’idée que j’apporte ma petite contribution au monde.

Allez, si, je peux dire que je suis fière d’avoir créé ma propre activité, alors que j’ai toujours été salariée et que je ne viens pas d’une famille d’entrepreneurs.

A quel type de stress t’attaques-tu le plus souvent ?

Le stress lié aux multi-tâches, aux multiples responsabilités (liées à nos différents rôles : parent, homme ou femme, salarié ou entrepreneur…), au rythme effréné de la société (pression du quotidien), au manque d’organisation et d’efficience (et donc de temps), au non-respect de nos rythmes biologiques naturels, à la peur de dire non et d’exprimer ses émotions. 

Tout cela génère du surmenage, de la panique, un état de lutte et de crise permanent, une fatigue intense (physique et morale). 

Mais ce travail « préventif » sert justement à éviter d’arriver à la déprime, l’arrêt maladie ou le burn-out. Ma mission c’est « d’arrêter l’hémorragie avant qu’il y ait des complications ». On se pose, on fait le point, on met en place des actions d’amélioration et on les ancre.

Ton quotidien, ça ressemble à quoi ? Du temps pour toi ?

Etant maman de 2 garçons, mariée et entrepreneure, mes journées sont bien remplies. Néanmoins, j’ai appris à m’organiser et à planifier, donc à bien gérer mon temps. Je cloisonne bien mes différents rôles (maman, épouse, femme active) et réserve du temps pour chacun de ces moments. Je prends aussi du temps pour moi, car c’est fondamental de prendre soin de soi afin (et avant) de mieux prendre soin des autres. Et tous ces moments, je les note dans mon agenda (et oui, je prends même rendez-vous avec moi !).

Le matin est dédié à la famille (douche, petit déjeuner, préparation des enfants). Ensuite je pars travailler et prends toujours 5 minutes pour planifier ma journée (très important avant de se lancer tête baissée !) avant de commencer mes activités. Je fais une pause le midi chez moi, la plupart du temps seule et tranquille. Avec mon chat. Puis une phase de travail (sauf le mercredi après-midi où j’essaie de le passer le plus possible avec mes enfants). En fin d’après-midi, je pars chercher mon plus jeune à l’école et on se retrouve tous en famille à la maison. Le temps du repas, c’est ensemble sans télé ! Mais avec de la musique. On échange sur nos journées (et les émotions vécues). Puis quand tout le monde est couché, je me pose : j’adore regarder une vidéo de formation, lire un livre ou un magazine.

Comment as-tu découvert « Sans Mon Portable » ?

Via Linkedin.

La Digital Detox, ça te parle ?

Oui totalement, je la recommande vivement ! A faire aussi souvent que possible, surtout pendant les vacances. Je me souviens d’un été où on était partis 2 semaines et il n’y avait pas du tout de wifi. Cela nous a fait un bien fou ! On est revenus aux fondamentaux : jeux, promenades, échanges, livres ou magazines, siestes, baignades, découvertes…

Côtoies-tu dans le cadre de ton activité des personnes vraiment « addicts » au numérique ?

Oui et pas que dans mon activité. C’est affligeant de voir, par exemple au restaurant, les gens rivés sur leur smartphone, sans sortir un mot, sauf pour commander les plats au serveur. Et les adolescents à la sortie des collèges ou lycées… Ils sont ensemble mais ne communiquent presque plus ! Sans parler des jeux en ligne ou des réseaux sociaux qui génèrent  de la fatigue, des troubles de la concentration et du comportement (irritabilité), bien souvent par manque de sommeil (certains jeunes ne s’endorment jamais avant 2-3h du matin !) ou de sur-sollicitation du cerveau. Un phénomène très inquiétant à mon sens.

Si je te dis que mon métier c’est Coach en Digital Detox, tu penses à quoi précisément ?

C’est un nouveau métier qui émerge et qui va être salvateur pour beaucoup, car les nouvelles générations ne savent pas comment déconnecter, quoi faire sans (« mais vous faisiez quoi avant ??? »), comment se faire de vrais amis ou simplement échanger ou faire de nouvelles rencontres…

L’hyperconnexion, c’est une vraie addiction selon toi ? 

Complètement, pour les raisons évoquées avant. 

Quelle est la population la plus addict selon toi ? 

Les pré-adolescents et les adolescents, c’est indéniable ! Mais ça commence déjà au primaire…

Sais-tu ce qu’est un Smombies ?

Oui, c’est un jeune qui est tout le temps sur son smartphone y compris dans la rue au risque de se mettre en danger. Et j’en vois tous les jours. Smombies est un mixte entre « smartphone » et « zombies ».

Ton portable est un ami ou un ennemi ?

Les deux ! Mon portable a remplacé le téléphone fixe. 

Dès que j’ai un message, j’avais tendance à vouloir regarder, alors j’ai enlevé les notifications et j’éteins l’écran. C’est ce côté qui est addictif. Je le laisse très souvent allumé la nuit « en cas d’urgence ». Cependant, je n’en suis pas esclave, car je ne réponds pas tout de suite au message ou s’il sonne.

Par contre, il est bien pratique, car il me sert au quotidien pour pas mal de choses : musique (en n°1), photos, trajet, gestion des comptes, messagerie, météo, traduction, etc… Ah oui j’oubliais : et accessoirement pour appeler (mdr) ! 

A quel moment apprécies-tu le plus de le lâcher ?

Quand je travaille ou si je dois me concentrer, quand je fais une activité (sport, lecture…), quand je suis en famille ou avec mes amis. Et quand je dors (mdr) !

Quelle est pour toi la meilleure manière de déconnecter ?

Se fixer des plages d’utilisation (heures ou jours), se programmer des activités et des sorties, partir prendre l’air en campagne ou en montagne. 

Connais-tu un endroit dans ta belle région pour organiser une retraite déconnectée ?

Je vis à Chambéry en Savoie, je suis entourée de montagnes et j’ai le Lac du Bourget non loin. Il y a une multitude de gîtes et d’espaces naturels en plaine ou en montagne.

Et toi, où irais-tu pour te déconnecter si tu décidais de t’isoler ? 

Tous les endroits se prêtent à la déconnexion : promenades au bord du lac, randonnées, gîtes, bateaux… Il y a 5 ans, j’ai fait un stage de 3 jours de ressourcement dans les Bauges (à 10 min de Chambéry), logée dans un gîte de groupe, c’était top. A refaire. 

Sinon, rien que d’aller randonner en montagne avec mes proches me fait beaucoup de bien, je suis avec ceux que j’aime, entourée par la nature. J’écoute les bruits environnants (vent, chant d’oiseaux, eau…) et cela calme instantanément mon esprit.

Tes projets à court terme ?

Développer mes activités de coaching en francophonie et auprès des entreprises (formations, conférences, ateliers). 

Ecrire un livre sur « Comment équilibrer sa vie perso/pro quand on est une femme ultra active ? ».

Collaborer au développement international d’une plateforme franco-mexicaine de e-learning en développement personnel et professionnel, futur Netflix de la formation.

Une idée d’événement déconnecté, à organiser (avec toi par exemple), ce serait quoi ?

Un stage de ressourcement en pleine nature (idéalement en montagne) sur minimum 2 jours dans un gîte. Avec des activités pour alléger l’esprit (notamment manuelles), des ateliers pour échanger sur la thématique de l’hyperconnexion et de la vie sans les appareils connectés, des temps libres et de promenades pour se reconnecter à son environnement et aux autres. 

Ou alors une randonnée sur minimum 2 jours avec étape dans un refuge, loin de la « civilisation » ou dans un autre pays.

« Sans Mon Portable » est à la recherche de subventions, une idée ?

Appel à adhésion, au mécénat ? Plateforme collaborative ? Peut-être l’état si c’est reconnu d’utilité publique pour la santé ?

Enfin, je te glisse ici le formulaire d’adhésion à notre belle association…au cas où ? 25€ nous aideraient déjà beaucoup…

https://www.helloasso.com/associations/sans-mon-portable/adhesions/adhesion-a-l-association-sans-mon-portable-1

A bientôt Chantal, donne-nous des nouvelles !

Au plaisir et à bientôt !

Pour plus d’informations : www.chantalbaudoin.com et https://www.facebook.com/chantalbaudoincoaching/