parc de Sceaux et Colbert

Aux couleurs d’Ora : Quand Colbert nous met au vert…

Depuis le dernier déconfinement, ça s’agite, ça se bouscule sur les terrasses parisiennes ! Il faut réserver ou faire la queue pour avoir une table. Et pourquoi ne pas privilégier une pause au vert ?

Patienter trente minutes ou quitter la foule pour se rendre dans un écrin de verdure. Vous feriez quoi vous par cette magnifique soirée de printemps ?

Venez à la découverte du parc de Sceaux situé au Sud-ouest de Paris, un véritable réservoir de biodiversité de 181 hectares. Ce somptueux domaine de Jean-Baptiste Colbert du 17e siècle, est devenu un parc ressource où l’on peut pique-niquer, se détendre, pratiquer du sport ou encore descendre les allées symétriques de ce jardin à la française.

On peut y accéder par huit entrées différentes qui touchent les villes d’Antony, Bourg-La-Reine, Châtenay-Malabry et bien sûr Sceaux.

Cet espace est conçu selon une double perspective, une dans l’axe du château, celle de la plaine des quatre statues, et l’autre perpendiculaire, celle des cascades du grand canal. 

Un peu d’histoire

Le pavillon de l’Aurore

Rendez-vous au pavillon de l’Aurore édifié par Claude Perrault situé au Nord-est du Parc dans le potager. Colbert se servait de ce lieu comme cabinet de travail mais aussi pour recevoir et donner des fêtes. De l’extérieur, on peut en observer son dôme et j’ai eu la curiosité d’entrer pour voir ce qui se cachait à l’intérieur.

En passant la porte, on remarque la pièce centrale du bâtiment en forme circulaire et si on lève la tête, on peut apercevoir la coupole du pavillon. Elle représente une fresque montrant la déesse Aurore qui œuvre et chasse les puissances obscures de la nuit. 

Au-dessus de l’Aurore, on découvre Lucifer, l’étoile du matin, qui annonce la clarté de l’aurore. Si l’on fait un focus sur la chrétienté, on associera Lucifer à Satan alors qu’ici, il a une source romaine et symbolise « lumière et vérité ».

D’autres éléments constituent cette peinture : les saisons, les signes du zodiaque, les divinités romaines et grecques… prenez le temps de décomposer chacun de ces éléments et créez le lien pour en savoir plus sur l’histoire, sur ce que Colbert cherchait à nous dire.

L’Orangerie

Elle a été édifiée en 1686 par Jules Hardouin-Mansart qui était le premier architecte de Louis XIV. À l’origine, elle était aménagée en galerie d’art et elle continue de présenter des collections de sculptures mais aujourd’hui des moulages remplacent les originaux. 

Savez-vous d’où vient le nom Orangerie ?

On appelle ce bâtiment ainsi, car pendant la saison hivernale, les agrumes et d’autres végétaux craignant le gel étaient disposés dans cet endroit chauffé aux vastes fenêtres. 

Depuis plusieurs années maintenant, un Festival de musique est organisé avec une large programmation d’artistes. N’hésitez pas à réserver pour la 52e édition qui aura lieu en septembre 2021 ! Inscriptions : https://www.festival-orangerie.fr/

Ces moments de fêtes sont propices aux échanges, à la convivialité mais aussi à la découverte de nouveaux talents, styles musicaux. Vous n’avez qu’à fermer les yeux et laissez-faire pour en prendre plein vos oreilles !

Les écuries

On continue notre promenade pour découvrir les écuries qui servent aujourd’hui d’accueil et d’exposition. Enfin, le petit château, l’Octogone, les grandes cascades et le pavillon de Hanovre que l’on trouve sur le côté ouest. 

Le château

Il a été bâti au XIXe siècle puis devenu musée depuis 1937. Lors d’une de mes visites, j’ai pu découvrir de fabuleuses sculptures, des gravures, des tableaux très bien conservés mais aussi du mobilier d’époque et cette demeure regorge encore d’autres trésors. Laissez-vous embarquer dans le passé en revivant des moments uniques d’histoire !

Sa richesse et ses trésors

Le parc de Sceaux nous émerveille avec ses grands bassins, sa géométrie parfaite, ses espaces verts pour y flâner, prendre du bon temps en famille ou entre amis. On s’y promène à pied tranquillement pour ressentir les ambiances, les reliefs, les statues. Éveillez vos sens et percevez l’agitation du vent dans les branchages lorsque vous êtes allongé sous un peuplier. Observez les couleurs de la végétation au fil des saisons. Contemplez la diversité de ces paysages. Le parc vous parle, il est vivant, à chaque recoin, sous chaque arbre. Et si vous y prêtez attention au détour d’un chemin, sans bruit, vous pourrez peut-être avoir la chance d’admirer la beauté des animaux qui s’y cachent : des oiseaux, des chauves-souris, des écureuils, des chouettes…

J’ai eu la curiosité de m’y promener la nuit alors que le domaine avait fermé ses portes. Un gardien faisait sa ronde et a eu la gentillesse de me laisser errer une bonne heure. Je vous avoue que la pénombre peut parfois être déroutante. Tous nos sens sont en éveil et les bruits sont perçus avec une intensité beaucoup plus forte. Je choisis de m’allonger sous cet arbre immense aux branches larges et au feuillage dense pour admirer le ciel dégagé d’où je pouvais observer quelques constellations connues. Les brouhahas de la ville s’étaient estompés pour faire place « aux silences » de la nuit. Je n’entendais que la nature vivre et bouger autour de moi. 

Au bout d’une vingtaine de minutes, je décidai de me lever pour me promener dans l’obscurité de ce domaine. Les cailloux craquaient sous mes pieds, je passai à côté des bassins dont rien ne venait perturber l’eau calme et apaisée. Les allées parfaitement dessinées me permettaient de ne pas m’égarer, même si parfois mon sens de l’orientation me jouait des tours. Je rejoignis le bassin de l’Octogone par la Plaine de l’Orangerie avant de descendre à droite vers un grand escalier et un chemin gravillonné.

Autour de ce bassin, je passai devant des œuvres d’allégories antiques. Je pris le temps d’admirer ces statues, copies des originaux, datant de l’époque de la création du Parc en m’attardant sur « Castor et Pollux » les deux Jumeaux fils du Dieu Zeus ou « Apollon et Daphné ».

Je me dirigeai ensuite vers une artère dont les feuilles couvraient la luminosité de cette allée. À l’horizon, je distinguai une grande bâtisse, mais l’obscurité m’empêchait de voir ce qui se passait au-delà de ce chemin. J’avançai encore pendant une centaine de mètres jusqu’à me retrouver face au majestueux château du parc. 

Arrivée allée de la Duchesse, je contemplai la magnificence de cette bâtisse. Au loin, j’aperçus la sortie laissée entrouverte par le gardien, je poussai alors le portail et pris soin de le refermer derrière moi, délaissant ce lieu recelant de multiples secrets. Je lançai un dernier regard sur ce moment unique que je venais de vivre ce soir de juin.

La magie de la nature qui change et se transforme à l’infini, le paysage n’est jamais le même. Vous pensez l’avoir déjà vu… regardez bien, il y aura forcément quelque chose de différent à chaque fois.

Ce lieu est un havre de paix… Je vous invite à le découvrir ! 

Cette chronique est réalisée par Aurore Schlag.