Chroniques

La Chronique de Nicolas : Vivre à 96% ? Vraiment ?

Bonjour,

Quand nous regardons la télé, nous vivons à quatre-vingt-seize pour cent.
Hein ?
Quoi ?
Comment ?

Je m’explique : dans la vie (réelle), nous utilisons majoritairement la vision (à environ 84 % de nos sens) et l’audition (à 12 %).
Le reste, le toucher, l’odorat et le goût sont utilisés de temps en temps.
Au cinéma, par exemple, quand notre vue et notre ouïe sont fortement sollicités et exploités avec art, nous vivons le film.

Conclusion ?

Quand nous sommes devant la télé, c’est comme si nous vivions, mais sans rien faire.
Et comme la nature, aussi formidable soit-elle, est fainéante – l’eau s’écoule là où c’est le plus facile en suivant la pesanteur, l’électricité se conduit là où il y a le moins de résistance – si l’on peut presque vivre, sans rien faire, eh bien on le fait !

Fin du préambule.

Ces dernières semaines, je vous ai parlé de la ligne de flottaison, métaphore du niveau de stress qui monte et qui (parfois, heureusement) descend.
Des quatre portes d’entrée pour la faire baisser : l’environnement, l’attention, le présent et ralentir.
Pour l’environnement : ne pas être coupé par 14 notifications par demi-heure,
Pour l’attention : utiliser les sens.
La semaine dernière, c’était le toucher.

Pour relire ces chroniques : Les lignes de flottaison, Quatre porte d’entrée, L’environnement, L’ouïe et Le toucher
Ainsi que celle que vous êtes en train de découvrir,

Revenons à cette histoire de télé.
Pas sur la morale de savoir si c’est bien ou pas, mais extrayons un des nombres, si vous le voulez bien.
84 %
Le pourcentage d’utilisation de la vue, par rapport aux autres sens, dans la vie.

Or,
Il y a deux semaines,
Je vous parlais de l’ouïe,
De la différence fonnnndaaaamennnnnntalllle,
Entre entendre et écouter.

Toujours cette histoire de passif et d’actif,
Qui me tient à cœur,
Comme les Armes de Distractions Passives vs Outils de Créations Actives,
Que j’aime opposer.

Et si l’ouïe est si importante, alors qu’elle ne représente que 12 % de l’utilisation de nos sens au quotidien,
Et que nos sens peuvent être utilisés pour regagner de l’attention,
Quid de la vue ?

Parce que quand même, entre 12 % et 84 %, il y a un rapport de un à sept.
Genre Blanche neige et les sept nains,
Ah non, pardon, rien à voir !
Je continue.
Pardon pour la digression,
J’avais zappé sur Gulli.

Attaquons-nous au gros morceau.
Les différences entre voir et regarder.
Et revenons à cette histoire de télé.
Quand est-ce que nous la voyons et quand est-ce que nous la regardons ?

Le rapport avec la ligne de flottaison, métaphore de notre niveau de stress ?
Est-ce que c’est la même chose si nous la voyons, ou si nous la regardons ?
Je pose juste la question.
Même si, en mon for intérieur, j’ai une petite idée de la réponse…

Parce que autant, il y a des choses  passionnantes à choisir de regarder qui nous enrichissent,
Autant, il y a la publicité, les infos en boucle, devant nos yeux, qui ne font que se rajouter aux sollicitations en tout genre.
Encombrer notre esprit, en trois mots.
Tout en ayant l’impression de vivre à 96 %, tranquillou dans l’canap.
Pizza pizza pizza, bière bière bière.

Et si nous nous entrainions à re-voir les choses, avec un tiret ?
Prendre un peu plus de temps que nécessaire pour nous poser,
Regarder les choses avec attention et intention.

Ah oui, parce qu’en fait,
Quand je vous parle de l’environnement (notamment numérique),
De l’attention,
De la présence,
De ralentir.
Le fil rouge, derrière tout ça (ou devant, selon comment on le regarde),
C’est l’intention.
La volonté de baisser sa ligne de flottaison, pour ne pas (plus) être débordé, submergé, sous l’eau.

Pour la vue  ?
Ça se traduit comment ?

Observer quelque chose qui nous surprend,
Un contraste entre des matières claires et foncées, par exemple,
Entre des objets anciens ou récents,
Remarquer les accords de couleurs.

Ou peut-être même, soyons fous,
(Imaginons que vous ayez souvent un carnet sur vous,
Et un crayon qui va avec.)
Quand quelque chose vous touche,
Au lieu de dégainer votre appareil photo qui sert parfois à téléphoner,
Sortir votre carnet et faire un croquis de ce que vous voyez,
Et/ou écrire 4-5 lignes sur ce que cela vous inspire.

Le but n’étant évidemment pas de faire un dessin parfait,
Ni d’écrire une dissertation,
Mais de prendre un moment pour regarder vraiment ce qui est en face de vous.

Le temps de le transcrire en courbes et en lignes,
Par le dessin ou les lettres, peu importe.

S’entrainer, pratiquer, jouer, se mettre en condition pour regarder vraiment.
Comme si c’était la première fois que vous voyiez cet angle, ce nuage, ce reflet,
Comme si vous étiez de nouveau un enfant qui verrait cela pour la toute première fois,
Comme si vous étiez un poète qui voit une forêt sur les toits,
Au lieu d’une multitude d’antennes télé (on y revient enfin, à cette télé…)
Ou un troupeau de chevaux sauvages,
Dans l’écume de la mer agitée,
Ou un arc en ciel,
Dans un verre au soleil.

Redonner à ce sens son intensité, avec intention.

Merci de m’avoir lu,
À vendredi,
Nicolas

P.S. Si ces lignes vous ont touché, envoyez moi quelques mots pour me raconter votre rapport à ce sens.
P.S. : Si vous voulez renforcer votre attention, vous pouvez aller voir ce lien :  : https://nicolasdeliau.fr/le-super-pouvoir-du-focus/

P.P.S. : Je n’ai rien contre le Yoga, bien au contraire.
C’est juste une approche un peu différente que je propose.
 
Suite et fin des P.S. :  Si vous aimez cette chronique, vous pouvez la transférer à un(e) ami(e).
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