interview 41

ITW de Sophie Bretagne. Dirigeante.

Bonjour Sophie Bretagne comment vas-tu ?

 Très bien, je te remercie. J’espère de même pour toi. Cette question, ou cette  réponse   peuvent être banalisées de nos jours ; mais elles sont d’importance. Elles prennent en considération l’autre et toute l’intention qu’on lui porte.

 Parle-nous un peu de toi, ton parcours…

Un parcours bien atypique, diplômée d’un BAC PRO Restauration, j’ai débuté dans le    domaine de l’hôtellerie –restauration pour le groupe ACCOR pendant dix années, une belle école de vie.

Ensuite une reconversion évolutive dans le tertiaire de Standardiste, à Assistante de Gestion d’Exploitation, à Assistante de Direction pour finir Assistante Technique dans le domaine du Digital pour un grand Groupe, durant 15 ans. J’ai pendant cette période fait deux VAE afin d’obtenir des diplômes  en adéquation avec mes métiers actuels (BAC PRO Secrétariat, BTS Assistant Manager). En parallèle, je me suis engagée dans un mandat de représentante du personnel en 2006.  J’ai depuis un parcours bien enrichissant dans le domaine syndical. Je viens juste de laisser mon mandat de Secrétaire départementale. Mes mandats en cours sont Conseillère Prud’homale, Secrétaire Adjointe Régionale et Déléguée syndicale. Mon planning est bien chargé, mais j’ai décidé en fin d’année de m’engager dans la création d’entreprise avec un associé. Pendant cette période, j’ai pu accompagner des salariés en situation de souffrance. Un constat a suivi : les solutions proposées étaient insuffisantes ou peu nombreuses pour donner de l’énergie et de la force rapidement. J’ai recherché par le biais des réseaux sociaux  ce qui fonctionnait dans d’autres pays  pour rebondir et reprendre sa vie en main.

Parle-nous de ton job, et de ton rôle…

 Je viens de signer une rupture conventionnelle avec mon employeur. Dans  quelques jours je serai Directrice Générale pour mon entreprise SEVYSO, un centre de gestion du stress et des émotions. Mon rôle sera de développer et faire connaitre des thérapies intégratives et innovantes comme la Cryothérapie, l’Infrathérapie, la Luminothérapie et l’Hydromassage. Unique en centre-ville de RENNES, notre concept est d’apporter un équilibre émotionnel par le biais du froid, du chaud, de la lumière et du massage. Différentes études de cas montrent des perspectives intéressantes       notamment par la Luminothérapie sur des choses aussi différentes que la dépression et l’anxiété, le burn-out, le stress post-traumatique, la douleur chronique ou l’addiction. Notre centre est un lieu de déconnexion et de concentration sur soi. De toute manière c’est difficile de garder son portable sur soi lorsque l’on fait des séances de ce type. ☺

Comment as-tu découvert l’association « Sans Mon Portable » ?

Sur Linkedin, dans mes recherches sur la « nomophobie », nous devons tenir compte de cette peur d’être coupé du monde par le fait de ne pas avoir son portable sur soi.

La Digital Detox ça te dit quoi ?

Le digital fait partie intégrante de nos vies et de notre futur. Et en effet, il faut savoir   nous « détoxifier », comme nous le faisons dans le cadre alimentaire. 

L’hyper connexion produit-elle du stress selon toi, et si oui, quel type de stress finalement?

L’hyper connexion, engendre de l’hyper stress, aux crises de panique, un  manque de repères, peur de ne plus exister. Notre cerveau est saturé            d’informations. Nos modes de vie comme se restaurer, dormir, bouger et vivre en société en sont bousculés et l’hyper connexion entraîne un déséquilibre, un mal être. Cela demande une reconnexion avec son soi intérieur et de prendre du recul pour installer l’ennui et le silence. Ce sont des essentiels, mais pour certains l’ennui et le silence n’existent pas, connectés pour s’endormir avec leurs Smartphones à  écouter de la musique et dès qu’un moment de pause s’annonce se plongent à consulter le fil des actualités.  L’hyper connexion est chronophage.

Autour de toi, tu as aussi des genres hyper-connectés ? Tu veux nous raconter une anecdote ou une observation à ce sujet ?

Autour de moi bien sûr, mais je fais partie aussi de ceux qui ont été pris dans cette spirale par mes activités professionnelles et syndicales. L’envie de performance de devoir être aux faits des dernières actualités, et de répondre dans les délais. Depuis   peu, je  sais     mettre mon portable en silencieux pour me consacrer pleinement à mon quotidien. Mon étonnement depuis toujours, c’est lorsqu’une personne coupe une conversation pour répondre à son portable comme si ce dernier passait en priorité, vis-à-vis de l’instantané. C’est frustrant pour celui qui l’a subi, et coupe le fil des échanges.

Ton portable à toi, c’est un ami, un ennemi, les 2 ?

Ni l’un et ni l’autre, mon portable est un appareil, un outil et il ne doit pas être défini  comme un être vivant.

A quel moment apprécies-tu le plus de le lâcher ?

Au  moment des repas, et de partage entre amis, j’apprécie de le laisser.

Combien de temps serais-tu capable de t’en passer en réalité ? 2H, 24h, 48h, 72h ou une semaine ?

C’est difficile lorsque l’on développe une entreprise de ne pas consulter ses mails, les messages, alors je dirais 2 h. Dans la gestion de mon temps, je m’applique à consulter mon portable à des heures régulières mais pas toutes les dix minutes.

Quelle est selon toi la meilleure manière de se déconnecter ?

Je dirais venir au Centre SEVYSO à RENNES ☺, bien sûr !  C’est une solution, comme une activité sportive, la méditation … On est tous différents, ce qui convient à l’un ne peut convenir à l’autre. C’est une question d’équilibre. Mais, il est important de trouver au quotidien une source de déconnexion. Ton site propose de très bonnes solutions.

Selon toi, pourquoi notre association s’appelle « Sans Mon Portable » et pas « Sans Portable » ? 

Tout simplement, l’utilisation du portable est personnelle, la fréquence dépend de l’environnement social et professionnel. Faire un choix, c’est automatiquement renoncer à quelque chose, donc cette initiative doit correspondre à notre singularité.

Si tu devais t’isoler loin de tout, tu irais où ?

Altruiste de nature, difficile pour moi de m’isoler, car j’aime les rapports humains et je voyage à travers eux. Mon lieu préféré est la Plage, la Mer pour ses bruits, ses odeurs et son paysage coloré.

Une question indiscrète : ton rêve le plus fou ?

Je suis en train de le vivre, rendre réelle une idée, créer des emplois et mon emploi. Vivre une belle aventure humaine dans la création d’une entreprise, c’est mon rêve depuis 4 ans. Apporter du bien être avec thérapies axées autour des ressources naturelles  dont nous nous sommes isolés par manque de temps.

Une dernière question : Quelle idée d’événement déconnecté nous conseillerais-tu d’organiser, pour le bien de tous ?

En toute simplicité, une soirée ou des rencontres autour d’un verre dans un lieu qui appelle à libérer son esprit autour de l’art par exemple. Il faut se rappeler des premiers réseaux sociaux, des lieux tels que les musées, les galeries d’art, les bars…

A bientôt Sophie, donne-nous des nouvelles !

Heureuse d’avoir répondu à tes questions, et d’avoir partagé ce moment. Quelques instants pour prendre de la hauteur, m’ont projetée sur ce chemin qui reste à parcourir dans les solutions essentielles à inventer pour palier à  un monde en continuel changement. Au plaisir de suivre l’Association « Sans Mon Portable »

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