Graziella Quéron

Interview de Graziella Quéron (Naturopathe – Saint Mandrier)

Bonjour Chère Graziella ! Ravi de te retrouver !

Bonjour Boris !

Nous nous sommes rencontrés lors d’un récent « cours de cuisine déconnecté » ? Qu’as-tu pensé de ce moment ?

Une soirée comme je les aime sur le thème de la découverte, du partage et de la rencontre, et de plus autour d’une de mes occupations préférées. L’occasion de laisser son portable au « garage » et de se détendre dans une atmosphère chaleureuse.

Tu nous parles de toi, de ton parcours ?

Pas facile de résumer une vie en quelques lignes ! Je vais essayer d’être synthétique.

Originaire de Charente-Maritime, j’ai grandi à la campagne passant mon temps soit au jardin à récolter les légumes avec ma famille soit à explorer la nature à pied ou à vélo en compagnie des bandes de copains et copines. J’ai adoré cette période de ma vie qui m’a donné le goût pour une nourriture saine et la vie collective.

Je suis née sous le signe du voyage, et j’ai un fort besoin de liberté et d’autonomie. J’ai toujours été attirée par la démarche de découverte, des autres, de la pensée humaine et des cultures différentes de la mienne.

Et comme je passais mon temps à rêver de voyage, à l’âge de 24 ans, j’ai quitté la France avec l’idée de partir découvrir le monde seule et sans limite de temps. Cinq ans plus tard, après avoir vécu mille et une expériences, je suis rentrée en France avec une vision élargie du monde bien évidemment, qui m’a aidée à sortir du carcan sociétal. J’ai travaillé plusieurs années dans l’administration dans le domaine de la communication et de la formation à Paris, Poitiers, La Rochelle pour terminer en Lozère. Parallèlement, je me suis formée à la somatothérapie, une pratique psycho corporelle qui instaure une relation d’aide par le toucher. Puis guidée par mes aspirations, j’ai séjourné 5 ans dans un centre bouddhiste zen niché dans écrin de nature en Ardèche. Mon objectif étant de méditer, ce que j’ai fait assidûment, j’étais au bon endroit ! J’y ai passé les plus belles années de ma vie malgré les nombreuses turbulences induites par la méditation ! Cela m’a permis de faire le grand ménage et de goûter au calme intérieur, à la sérénité ! Une expérience très jouissive qui m’a amenée à faire peau neuve. « Esprit zen, esprit neuf », a écrit un célèbre maître zen ! Mon chemin personnel est devenu plus clair et  m’a conduite à la naturopathie où je me suis sentie tout de suite à ma place parce qu’elle m’offrait la possibilité de conjuguer tout ce qui m’était essentiel : la santé, la relation au corps et la spiritualité !

Après une formation de 3 années, je me suis installée dans le Sud à St Mandrier sur Mer et j’exerce aujourd’hui dans un cabinet à la Seyne sur Mer.

Parle-nous de tes activités actuelles ? Que fait concrètement une Naturopathe ? Une réflexologue ?

Dans la naturopathie, j’ai retrouvé une notion chère à mon cœur qui est celle de l’autonomie. La naturopathie ayant une démarche préventive et éducative, j’accompagne les personnes qui le souhaitent à prendre leur santé en main.

Pour ce faire je m’appuie sur des techniques naturelles dont les 3 majeures sont l’alimentation, l’activité physique et la gestion du stress et des émotions. Un autre point important cher à la naturopathie est l’approche holistique, c’est à dire s’intéresser à la personne dans sa globalité, à la fois sur le plan physique, psychique, émotionnel et énergétique.

J’y ai associé le toucher par la réflexologie plantaire, en tant que technique naturelle, très complémentaire de ma pratique de naturopathe.

On vient me voir en prévention, pour des troubles digestifs, de sommeil, de stress, de douleurs, pour la santé féminine : grossesse, allaitement, syndrôme prémenstruel, ménopause, …

J’anime aussi des ateliers sur la santé au naturel : l’utilisation des huiles essentielles, les bases d’une alimentation saine, l’hygiène intestinale, les cosmétiques au naturel, … ainsi que des ateliers culinaires végétariens pour apprendre à cuisiner autrement avec des produits dont on n’a pas l’habitude.

Et pour terminer, j’organise des stages de jeûne et monodiète en Ardèche chaque année au printemps.

De quelle réussite es-tu la plus fière dans le cadre de tes activités, et pourquoi ?

La mise en place des séjours de jeûne et monodiète en plein coeur de l’Ardèche que j’ai conçus sur le thème justement de la déconnexion. J’ai séjourné 7 ans sur ce superbe territoire que je connais bien et que j’affectionne. Le lieu qui nous accueille situé en pleine nature est très inspirant. Je profite de ce temps de jeûne pour inciter largement les participants à paresser et à se déconnecter de leurs objets numériques. Les activités sont diverses et variées, allant de la balade ornithologique, à la découverte des plantes sauvages comestibles, du modelage de la terre, de la réalisation d’attrape-rêves, du dessin, de l’astrologie, mais aussi de la méditation, du yoga, du qi gong, des massages et du FARNIENTE !

Cela va faire 5 ans que j’organise ces séjours, et chaque année je vois les mêmes personnes revenir qui me disent attendre cette semaine-là avec impatience vécue comme une parenthèse bienfaisante. De plus, je constate avec eux que des changements bénéfiques se sont installés durablement dans leurs habitudes de vie. De cela, je me réjouis car c’est le sens de mon accompagnement devenir acteur de sa santé.

Parle-nous de tes passions, de tes centres d’intérêt à part ton métier.

Je suis passionnée par la Vie tout court ! J’ai beaucoup de gratitude pour le monde qui m‘accueille et d’avoir la pleine capacité à jouir de tous mes sens !

Je remercie chaque jour l’Univers d’être en vie, de voir le soleil se lever, d’écouter les oiseaux chanter au petit matin, d’observer les arbres, les plantes, les fleurs, mais aussi de voir tomber la pluie, d’entendre le souffle du vent, …

Ton quotidien, ça ressemble à quoi ? Du temps pour toi ?

Je m’organise pour que ma journée soit la plus agréable possible sans avoir à courir ou à stresser. Tout d’abord, je m’assure d’avoir une bonne nuit de sommeil, car la nuit l’organisme se répare, pas besoin d’intervention extérieure.

Autant que possible, je commence par quelques minutes de méditation, quelques exercices d’étirement, ou une balade en bord de mer. Puis je prends un petit déjeuner au calme en regardant la mer, source d’inspiration pour la journée. Soit je travaille chez moi en préparant mes activités, soit je vais à mon cabinet pour recevoir les gens. Puis je termine la journée au calme ou entre amis.

Chose essentielle, mes journées sont rythmées par les repas à base de produits frais que je cuisine avec soin. Ce sont des moments où je me détends tout en laissant aller ma créativité. Et je vis comme un grand bonheur, l’instant où je m’assois devant mon assiette prête à déguster la nourriture savoureuse et colorée qui m’attend !

La Digital Detox, ça t’évoque quoi ?

Le fait de se déconnecter de ses outils digitaux, le téléphone, la TV, l’ordinateur, … Cela fait quelque temps que cela m’interpelle.

Si je te dis que mon métier c’est Coach en Digital Detox, tu penses quoi de mon métier précisément ?

Je pense que c’est un métier innovant et prometteur, et que tu devrais avoir beaucoup à faire dans le monde d’aujourd’hui !

En tant que naturopathe, je reçois régulièrement des personnes qui ne peuvent pas s’endormir autrement que devant leur télé par exemple ! Je les accompagne à trouver des solutions pour sortir de cette addiction. Les outils digitaux se sont immiscés dans notre quotidien, jusque dans nos lits. Plusieurs amies me racontent leur désarroi face à cette calamité qui met en péril leur couple car leur conjoint ne savent plus s’arrêter et continuent de travailler à la maison jusque dans leur lit, coupant le lien conjugal.

Quelle est la population la plus addict aux écrans selon toi, et pourquoi ?

Quasi tout le monde est aujourd’hui addict, du plus jeune au plus âgé ! Il n’est pas rare de voir un bout d’chou de 1ou 2 ans jouer avec un portable. Et ça me rend triste de voir que la plupart du temps, les parents en sont fiers. Les personnes âgées quant à eux, ne sont pas les derniers à s’en servir.

Ce qui me touche et qui me choque tout autant depuis plusieurs années, c’est de voir qu’il n’y a plus personne à qui parler dans les espaces publics. Dans le bus, dans le train, à l’hôtel, chez le boulanger, dans les files d’attente, dans la rue… 9 personnes sur 10 sont « déconnectées » de leur environnement, de la vie qui les entoure, le nez sur leur portable.

Tel un virus virulent, la contamination des outils digitaux s’est propagée à vitesse grand V et devient difficile à freiner.

Ton portable à toi, c’est un ami, un ennemi ?

C’est un ami, très utile mais je veille à l’utiliser « intelligemment » si je puis dire. Mais cela me demande beaucoup de vigilance ! Je me sers de l’essentiel : téléphone, internet pour consulter mes mails, FB, Whatsapp et GPS ainsi que l’appareil photo pour partager les moments importants de mes activités professionnelles. C’est déjà pas mal !

Il ressemble à quoi ?

Jusqu’en septembre dernier, j’avais un portable bas de gamme mais avec double carte SIM, car c’est très pratique quand on a un numéro perso et un autre professionnel. Depuis l’automne, j’ai acquis un Samsung A50 double carte SIM bien sûr, beaucoup plus performant et j’en suis très contente.

A quel moment apprécies-tu le plus de le lâcher ?

– Le soir au coucher, je prends un grand plaisir à l’éteindre et je le ré-allume seulement après avoir pris mon petit déjeuner.

– En mode repos, par exemple lorsque je vais marcher, que je suis avec des amis, que je flâne en ville, au musée, …

– Pendant mes activités professionnelles : réunions, entretiens de naturopathie, animations, …

Mon record depuis cette dernière année, 3 jours consécutifs  pendant une retraite silencieuse, j’ai atteint le Nirvana !

Ta recette à toi, pour ta déconnexion personnelle ?

Marcher, méditer, faire du qi gong, danser, recevoir les amis ou aller les visiter, observer la nature, lire, aller au cinéma, voir un spectacle vivant … et PARESSER.

Quels sont tes projets à court terme ?

Ah ah, le fil conducteur de tous mes projets à court et moyen terme, c’est l’accompagnement de l’individu vers plus d’autonomie et de liberté. C’est ce que je fais chaque jour dans mon cabinet et dans les séjours de jeûne et monodiète que j’organise. Je suis actuellement en cours d’affiliation à la fédération de jeûne et randonnée (FFJR), ce qui me donne à partager ma pratique avec d’autres professionnels accompagnateurs de jeûne. En outre, cela me permettra à terme d’organiser davantage de séjours.

La dernière version de notre site sansmonportable.com recense « les trésors », les lieux notamment, hôtels, restaurants, endroits cachés où la déconnexion prend tout son sens. Tu en connais un à nous faire partager ici ?

Et bien oui, là où j’organise mes séjours de jeûne par exemple en Ardèche, un château du 12è siècle réhabilité en chambres d’hôtes et gîte en pleine nature. Déconnexion garantie !

Sans Mon Portable est à la recherche permanente de visibilité et de partenaires, une idée à nous donner ?

Se montrer dans un salon du bien-être comme celui du 25 et 26 avril à la Seyne sur mer qui lance un nouveau concept avec un village de thérapeutes. J’y serai d’ailleurs, je peux donc t’en parler plus longuement si ça ‘intéresse.

Et si nous imaginions un événement ensemble, une conférence, un séminaire par exemple, une action, à destination des parents, des familles, tu serais partante ?

Oui bien sûr, l’addiction au numérique est un sujet qui met tient à cœur depuis plusieurs années déjà car malgré tous les avantages qu’il nous apporte je vois bien les dégâts qu’il fait sur la santé et la relation interpersonnelle.

C’est pourquoi ton concept « sans mon portable » m’a tout de suite séduite, et  co-créer des évènements avec Vous me plairait beaucoup. Nous pourrions leur donner une orientation vers le bien-être (méditation, yoga, qi gong, …) et une approche ludique, pour recréer du lien et favoriser les échanges. La cerise sur le gâteau serait de le faire dans un endroit propice au ressourcement, et là, j’ai déjà ma petite idée !

A très bientôt chère Graziella, donne de tes nouvelles !

Je souhaite longue vie à l’association « Sans Mon Portable » !

A très bientôt Boris !

Graziella Quéron

Naturopathe, réflexologue plantaire

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