Casio

La Chronique de Nicolas : La neige qui fond, ce n’est pas de l’eau

Bonjour,

Si un jour on m’avait dit que j’aurais cité Séguéla,
Moi qui n’ai pas de Rolex,
Même après avoir passé il n’y a pas si longtemps que ça,
Le cap fatidique de l’âge canonique + 10,
J’aurais pouffé.

Pour rappel,
Jacques Séguéla a déclaré :
« Si à cinquante ans, t’as pas de Rolex,
T’as raté ta vie. »

Bein je viens juste de les avoir,
J’ai pas de Rolex,
Et je t’embrume, je t’enrhume, et autres rimes qui se perdent,
Jacques.

Mais quand même, il a récemment fait une autre déclaration, un peu plus longue, celle-ci.
« Pose à un annonceur la question simple suivante :
Que devient la neige lorsqu’elle fond ?
Et il te répondra : de l’eau

(Incolore, inodore, sans saveur).

Pas pour un créatif.
Pour un créatif, lorsque la neige fond,
Elle devient Le printemps »

Pas mal, Jacques !

Il faut rendre à César ce qui revient à César,
Même si ce César raconte pas mal de salades.
Je vous laisse apprécier la subtilité du jeu de mots.

Parce qu’il a raison, Jacques,
Sur ce coup-ci.

Nous pouvons voir différents niveaux de réalité,
Et quand je dis voir,
Nous pouvons décliner.
(J’aime pas trop ce mot décliner, on dirait qu’on est en déclin alors que décliner c’est aussi multiplier les genres, bon, passons)
C’est à dire aussi entendre différents niveaux de réalité,
Selon que l’on s’intéresse à ce qui se passe dans la pièce autour de nous,
Dans les pièces autour,
Dans le bâtiment entier,
Ou au-delà des fenêtres.

Pareil pour les parfums.
Ou dans les huiles essentielles, par exemple,
Nous pouvons sentir différents niveaux de réalité,
Parce qu’il y a toujours une note de tête,
Celle que l’on sent dans les premières secondes, souvent florale, légère, fraiche,
Puis au bout de quelques minutes la note de cœur,
Plus profonde, parfois épicée,
Et si l’on se donne la peine d’attendre,
(Il est vrai que parfois ce peut être un peu long)
La note de fond.

Celle qui reste.
Parfois des semaines, des mois, des années.

La semaine dernière, je vous ai écrit qu’il serait question d’écharpe.
C’est justement le genre d’objet où séjournent paresseusement les notes de fond,
Avant d’être captées par un nez assez proche, assez intéressé,
Avant de s’engouffrer dans la mémoire de celui ou celle qui les capte,
Puis par rebond faire revenir des souvenirs enfouis,
Parfois depuis plus longtemps qu’on ne pourrait le penser.

Et Séguéla dans tout ça ?
Avec son bronzage Trumpien et ses Rolex ?
Le rapport avec les nuances boisées des notes de fond ?

C’est qu’il a bien compris une chose,
Ce fils de pub.
(C’est lui-même qui se définit comme cela, ne le prenez pas comme une revanche à la frustration de ne pas avoir d’objet brillant trop cher à mon poignet…)

Il a bien compris qu’il faut aller au-delà des apparences.
Que derrière une fissure se cache peut-être un dessin.
Que dans la transparence d’une feuille on peut trouver l’aile d’une libellule,
Que le son d’un cours d’eau peut ne rien évoquer du tout ou nous rappeler le murmure continu du monde, agrémenté de notes chantantes.

Seulement,

Si l’on se pose quelques secondes pour écouter,
Si l’on s’offre quelques secondes pour chercher dans ses souvenirs,
Une forte pluie d’été, un orage,
Qui déroule la fin de sa vie sous forme de ruisseau.

Mais si nous passons trop vite,
L’écharpe ne sent rien, à plus de dix centimètres de distance,
Le ruisseau est juste un son, au milieu du bruit de nos chaussures, à moins de l’écouter sans marcher pendant dix secondes.

Juste de la neige qui fond.
Pas le printemps.

Merci Jacques,
Tu n’es pas si superficiel que ça, en fait,
Si on a la patience de te supporter plus de dix minutes.
Je lance le chronomètre de ma Casio.

Merci de m’avoir lu.
À vendredi

Nicolas

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Il est temps que je vous parle de la formation en ligne que j’ai lancée il y a quelques semaines.
Je le ferai peut-être dans une prochaine chronique qui parlera du temps qui passe et de la vie qui devient sublime selon l’attention qu’on lui porte.
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C’est juste une approche un peu différente que je propose.

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